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Du musée des Beaux-Arts au BAM

100 ans d'histoire d'un musée

L'incroyable don d'Henri Glépin

L'histoire du BAM, ex-Musée des Beaux-Arts de Mons, trouve son origine à la fin du XIXe siècle, par la grâce d'un incroyable et rarissime mécénat. Par testament (avril 1895), le donateur, un certain Henri Glépin, légua à la Ville de Mons la modique somme d'un million et demi de francs (soit l'équivalent de 25.000 €, un pactole à l'époque). Une partie de ce legs devait être affecté à la construction d'un hospice pour personnes âgées, l'autre partie à l'établissement d'un musée destiné à recevoir ses propres collections de porcelaines et faïences anciennes, ainsi que son médaillier.

1908-1913

La Ville fut donc chargée de l'établissement du musée. Mais sa construction effective ne commença qu'en 1908, rue Neuve (même emplacement qu'aujourd'hui), d'après les plans élaborés par l'architecte Rau, alors professeur à l'Académie de Mons. Ce vaste bâtiment fut terminé en 1913 et inauguré en présence du Roi Albert Ier et des princes Léopold et Charles. Composé de cinq salles, il répondait aux critères du début du XXe siècle, et permettait de présenter deux cents œuvres sur trois niveaux superposés. Bémols : le bâtiment ne comportait ni réserves, ni bureaux, ni ateliers, ni laboratoires…

1930

L'accroissement des collections permanentes et l'essor des expositions posent le problème de l'exiguïté des locaux. Dès 1929, des propositions d'agrandissement du bâtiment sont suggérées mais les projets seront finalement écartés… L'insuffisance des salles obligera les autorités communales à aménager la pièce latérale gauche du musée en " réserve " et de continuer à placer certaines œuvres dans divers locaux administratifs.

1935

Jules DESTREE note ses impressions sur le musée de Mons dans Mons et les montois ; celles-ci mettent en avant des conceptions muséales actuelles dont nous reparlerons plus bas : " Une conception régionaliste devrait se doubler d'une ambition éducative, il faut y attirer les enfants (…) il faut que l'écolier puisse acheter des cartes postales reproduisant l'œuvre qui l'a charmé ou celle dont on lui a parlé (…) il y a là toute une éducation du sentiment (…) ".

1968 - 1970

En 1964, sous l'impulsion de M. Abel Dubois, futur bourgmestre à l'époque échevin de la culture, les expositions temporaires commencèrent à prendre une grande place au Musée. L'objectif avoué était de permettre au public de prendre conscience des tendances de l'art contemporain. Cette politique allait mettre en évidence l'urgente nécessité d'agrandir et de moderniser les locaux du musée. Sur les plans de l'architecte Vanderstraete, de grands travaux sont menés. La construction est bâtie à partir de l’ancien bâtiment. Le musée rénové s'ouvre le 19 septembre 1970. La façade ancienne disparaît, le musée, de forme carrée, compte trois niveaux, des réserves, une salle de projection, douze salles et 620 mètres de cimaises.

1985

Création du dynamusée, service éducatif, qui, comme le préconisait Jules Destrée, sensibilise le jeune public aux arts.

1960-1990: Les collections permanentes

Les collections du Musée sont représentatives des écoles, essentiellement des XIXe et XXe siècles, de peinture, de gravure, de sculpture et de dessin de Mons, du Hainaut et de Belgique. Pour le XXe siècle, citons l'école montoise Nervia groupée autour de Buisseret et d'Anto Carte. En 1987, le legs d'Armand Simon, constitué de plus de mille dessins, vient enrichir les collections du surréalisme hainuyer. Mais depuis le dépôt permanent de la collection appartenant à la Communauté française et intitulée " Fruits d'une passion ", ce musée présente un panorama exceptionnellement complet de l'art international des années 60 à 90, où se côtoient, en un joyeux mélange, des abstraits lyriques (Mortier, Lanskoy…), les tenants de la figuration libre et de la nouvelle figuration (Atila, Baj, Bertini, DAvie, Chaissac, Weiss, Octave…), les partisans de la figuration narrative (Adami, Klasen…), des nouveaux fauves (Castelli, Bach…) .Haute en couleur, cette dernière collection présente les nombreux mouvements esthétiques qui se sont développés durant ces trois décennies, favorisant une figuration autre, reniant la modernité, militant pour un art pop, kitsch, brut et, surtout, un art ludique constitué d'amour, d'humour et d'humeurs. Avec, quelques années plus tard, le dépôt de la Collection Neirynck par la Fondation Roi Baudouin – essentiellement constituée d’œuvres de peintres belges (d’Alechinsky à Zurstrassen) recouvrant toute l’histoire de la peinture en Belgique, le Musée confirme son orientation de musée d’art consacré à la seconde moitié du 20ème siècle le plus complet de Wallonie.

1990-2000

Malgré les grandes expositions consacrées à Anto Carte, Nervia, Gao Xingjian ou Christian Dotremont, l'espace muséal est inadapté. De nouvelles infrastructures aux normes muséales européennes sont nécessaires au bon fonctionnement du musée montois.

Mai 2003

La Ville de Mons lance un appel à projets afin de revoir les exigences muséographiques et l'accueil du public. Cinq bureaux sont retenus et déposent leur dossier architectural. Un jury composé d'experts internes et externes à l'Administration retiennent le projet de Christian Menu, architecte parisien.

Juin 2004

Parallèlement, dans le cadre d'un travail de fin d'études, Benjamin Bulot, Denis De Backer, Marta Dromaradska et Laetitia Cicirettiun, étudiants à la Faculté Polytechnique de Mons, présentent un projet pour un nouveau musée des Beaux-Arts. Ce musée, ces étudiants l'avaient appelé "BAM". La paternité de la dénomination leur appartient donc complètement.

Janvier 2005

Début des travaux dont la durée est fixée à deux ans. L'opération est financée à 16% par la Ville de Mons, le solde restant étant assuré par les subsides européens « Phasing Out » de l'Objectif 1 et la Région wallonne.

Mars 2007 : Inauguration du BAM

Le projet architectural, résolument moderne, allie le fonctionnel et l'équilibre tout en prenant le parti de la transparence.
L'architecte parisien a imaginé une véritable fenêtre ouverte sur le monde de l'art, du beau et de la création. Pour ce faire, il a opté pour une structure légère, métallique avec peu de béton.
Le réaménagement des salles permet clairement au BAM d'accueillir des œuvres prestigieuses tout en respectant les normes de sécurité européennes.
Les notions de conservation maximale et de présentation idéale côtoieront la volonté de faire découvrir au public un pan important de l'histoire de l'art.
A cet effet, l'accent a été mis sur la volonté de présenter aux visiteurs un maximum d'œuvres.
Les réserves seront donc transférées dans un autre bâtiment expressément aménagé à cet effet afin d'accroître les espaces d'exposition.
Le BAM permet aux visiteurs de réapprécier un espace d'exposition remarquable et convivial, tout en offrant, bien sûr, aux amateurs d'arts plastiques un confort de visite très appréciable dans des conditions de conservations optimales.

Octobre 2013 : Réouverture du BAM

L'objectif des travaux qu'a connu le BAM dans le courant de 2012 était de permettre au musée d’accueillir des expositions d’ampleur internationale, notamment dans le cadre de « Mons 2015, Capitale européenne de la Culture ». L'exposition de réouverture, consacrée à Andy Warhol, a permis de montrer à quel point le BAM est devenu un outil culturel de grande qualité.

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